Basée depuis 2012 à Argentan (Orne), la compagnie Passerelles théâtre permet notamment à des demandeurs d’emploi du Calvados de se remettre sur la voie du travail. À Bayeux (Calvados), l’un de ces groupes travaille depuis plusieurs mois et monte sur scène pour la première fois, jeudi 20 février 2025.

Jeudi 20 février 2025, a lieu, à l’Auditorium de Bayeux (Calvados), la représentation du groupe Théâtre en action, un dispositif pour aider à la réinsertion. À l’origine de ce projet : la compagnie Passerelles théâtre, basée à Argentan (Orne). Sa fondatrice, Clotilde Labbé, explique comment le théâtre peut (re)mettre sur la voie de l’emploi.

Passerelles théâtre, qu’est-ce que c’est ?

J’ai créé cette association en 2012 avec la volonté de rendre le théâtre accessible au plus de monde possible. Je voulais briser le cliché d’une pratique archaïque, prouver que le théâtre, ce n’est pas que les représentations du Malade imaginaire de Molière au collège.

Ça passait par deux choses : des représentations professionnelles différentes et accessibles et des projets d’action culturelle comme Théâtre en action, pour permettre à des demandeurs d’emploi de monter sur scène. D’office, on a reçu le soutien du Département du Calvados.

Comment le théâtre peut aider à se réinsérer sur le marché du travail ?

Le théâtre prouve aux personnes qui en font qu’elles peuvent déplacer des montagnes. Ça permet de s’émanciper, d’aller mieux, mais aussi de se remettre dans un projet collectif avec des inconnus. On travaille sur la connaissance de l’autre et sur la confiance en soi, on redécouvre sa capacité à dépasser ses peurs. En fait, ça aide à comprendre qu’on a de la valeur. Et il y a le défi de se mettre en avant sur une scène, sous les projecteurs. Après quelques mois de théâtre, on se sent aussi plus à l’aise en entretien d’embauche.

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Comment se déroulent les séances ?

On travaille de la même façon avec tout le monde, professionnels ou amateurs. Tous les comédiens professionnels qui accompagnent des groupes veillent à être à l’écoute. On se stimule en étant exigeants, en se mettant dans une logique de rigueur professionnelle. On rit, bien sûr, mais on est aussi sérieux, parce qu’à la fin il y a un spectacle, avec un public. On touche entre 100 et 150 personnes sur l’ensemble de l’année. Et il y a, véritablement, une métamorphose, un avant après. Le théâtre permet de s’ouvrir.

Ouest-France Propos recueillis par Jeanne D’ANGLEJAN. Publié le 19/02/2025
Crédit photo Émilie Sfez
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